Je crois que je n'ai jamais eu autant conscience de la solitude à laquelle on doit faire face quand on arrive dans CE monde..
Ca me fait toujours bizzare de se rendre compte à quel point, dans cette société, c'est chacun pour soi, chacun pour sa gueule, que le meilleur s'en sorte et que la bataille commence. Certes, je généralise, mais n'est pas vrai dans la plupart du temps, n'est-ce pas à ça qu'on se heurte??
Rare sont les gens qui arrivent à voir plus loin que leurs petits bouts de nez, à se dire qu'il n'y a pas qu'eux sur terre, que leur vie n'est pas celle de tous. Qu'importe que plus tard, les autres ne s'en sortiront pas, tant que moi je réussis je m'en fou. Voilà, c'est à peu près ça..
Je me demande comment ça ce fait que la société soit devenue autant je m'en foutiste, que tout le monde est perdu cette belle valeur d'entraite et de solidarité des années ouvrières, même si ce n'était pas l'ideal au moins un fontionnement en groupe, et pas cet individualisme perpétuel qui est présent partout aujourd'hui.. Et d'autant plus à l'école, au travail.. Parfois je n'ose pas croire ce que j'entend tellement c'est allusinant...
Et ça ne va faire que s'accentuer avec les années, avec un système qui ne favorise que les élites au détriment de ce qui ne sont considérés comme rien. Et qu'est que c'est fatiguant de devoir se battre à longeur de temps pour Etre traité comme un être deceant, pour mériter ce peu de respect.. Et pour se rendre compte au final, que beaucoup de monde s'en foutent, de ceux qui passe après.
" La vie en Europe est pour moi synonyme de tornade, elle arrive et m'aspire, m'entraîne avec elle, m'emporte dans un tourbillon de hâte et de frénésie.. J'ai l'impression que le temps passe trop vite pour que je puisse men retourner.. La foule nous cerne en permanance sans qu'on puisse lui échapper. Le bruit de la rue ou d'un chantier arrive jusque sous nos fenêtres. On entre en conflit avec la famille pour des raisons d'argent, d'infidélité ou d'indifférence, avec des voisins pour des broutilles.. Et surtout, on n'a pas assez de temps, jamais assez de temps...
On part travailler le matin, on rentre fatigué le soir. A la fin du mois, on paie toutes les factures et on met le peu qui reste sur un compte d'épargne. Avec cet argent, on s'offre des vacances pour être à nouveau en mesure de supporter le stress de la vie quotidienne, et ainsi de suite.. Pour rompre cette monotonie, on aspire au luxe. On s'endette pour acheter une plus grosse voiture, une plus grande maison, ou des vetêments à la mode que l'on a vus dans les magazines et les vitrines. On possède finalement cette nouvelle voiture, on a éventuellement un peu d'argent sur son compte, mais l'insatisfaction est toujours là, et on continue. C'est un cercle vicieux, auquel je ne voix pas d'issue. " Sabine Kuegler, L'enfant de la Jungle.